22 décembre 2014

Management Hommes - Femmes « ce qui se vit » épisode 2

Les réponses au sondage d'ETP au Féminin (voir mon post précédent) ayant été accompagnées de nombreux commentaires, nous avions proposé, lors de cette rencontre, d’ouvrir une séquence « atelier » d’échanges d’expériences.

Ce soir-là, me fondant sur mon expérience des études et interventions en entreprise,  j'ai proposé trois registres dans lesquels il arrive que surgissent des comportements différents :
1. thématiques : ex. le risque, la sécurité, le rapport à l’argent, le rapport au temps
2. relationnels : la prise de décision, la prise de parole (ouvrir, interrompre, l'ironie, etc.)
3. organisationnels : recrutement, définition des postes, temps privé/temps professionnel, représentation institutionnelle, etc.

Toutes mes interventions en entreprise débutent en effet par un repérage de l’éco-système de l’organisation qui met en évidence sa signature culturelle en termes de mixité. En fonction des domaines d’activité (ex.: finance, industries de pointe, hôpital, soins à la personne, BTP, universités et grandes écoles, agences de communication, etc) des moments se manifestent spécifiquement, dont il nous faut tirer quelques éléments, pas du tout exhaustifs, car chaque entreprise produit sa mise en scène de la différence.

Un atelier exploratoire
Ce soir-là, trois groupes ont été constitués, chacun explorant un registre, à partir de témoignages directement vécus par les participants.
En vingt minutes, de nombreuses situations ont été précisément identifiées puis restituées à l’ensemble de l’assistance, avec des "retombées" immédiates pour la facilitation de ces évolutions.

En synthèse
Les trois registres ont été développés avec passion : l'interaction relationnelle, d’autant plus en public, les situations critiques comme le rapport à l’implication minutieuse et l'organisationel notamment dans un réglage européen des curseurs de cadrage (sanction, recadrage, chartes, formations, etc.).

Un levier qui intéressera nos lecteurs est celui du rapport à la rémunération qui reste difficile et différenciant. Ce thème de la « valeur » est travaillé souterrainement par le genre. « Qu’est-ce que je vaux ? » est une question très différenciante en entreprise, qu’hommes et femmes abordent souvent spécifiquement. Sans prise en compte par les managers et les RH de cette différence d’attitude, on entretient frustrations, déceptions et baisse de la performance...

Prospective et éclairages
A le constater ce soir-là, cette question de la différenciation managériale est non seulement ancienne mais tout à fait contemporaine et prospective. Les organisations qui constituent cette mixité en culture managériale ne génèrent pas seulement du développement personnel mais un avantage concurrentiel décisif.
3 ancrages méthodologiques pour un enracinement durable :  étude, conseil, action.

2 décembre 2014

En revenant de la conférence « Management Hommes-Femmes, les moments héroïques »

Chacun d’entre nous, dans la grande sollicitation de l’époque, vit en entreprise des moments d’affirmation. Se pourrait-il que dans ces relations managériales on puisse parfois entendre quelque chose de la différence Hommes/Femmes ?

Ce 18 septembre au soir, il se trouve que j'ai développé cette réflexion en quatre  temps :

  • quelques résultats d'un sondage en ligne, 
  • un exposé sur les hypothèses différenciantes,  
  • puis un atelier d’exploration de ces hypothèses 
  • et enfin un bien sympathique cocktail organisé par nos amies de « ETP au féminin » qui organisait cette rencontre.
C’était la première fois qu’une telle conférence y était assurée par un homme, heureusement je ne l’ai appris qu’en ouverture de soirée.

Un sujet exposé ?

D’abord se souvenir que l’exercice est exposé pour le « conférencier » : à la différence du béton ou des dinosaures, prétendre penser cette différence « hommes-femmes », c’est toujours parler à travers soi et donc faire entendre dans le propos  ce qui prétendrait être objectif mais que la subjectivité du « théoricien » colore. Raison pour laquelle, en intervention (infléchissement de culture managériale), nous préférons souvent  intervenir en duo mixte.
  
Nos hypothèses :
L’anthropologie est attentive à la manière dont une « société » (entendons cette dénomination, au sens des Papous et au sens de Bouygues ou de Vinci) traverse le temps. Toute société pose pour ce faire

22 octobre 2014

L’humain 2.0, vers une nouvelle métaphysique

Il est aujourd'hui « donné » à l’humain de vivre des expériences qui jusque-là étaient réservées aux dieux, et pour lesquelles il n’était pas « équipé », spirituellement ou identitairement. Il n’y est pas préparé mais jeté par la conjonction de la techno-science et de la tentation démiurgique. L’humain 2.0 est cet horizon, qui opère une rupture anthropologique majeure.

A l’occasion jeudi dernier du réseau de coachs Agophore généreusement animé  par Sylvie de Frémicourt - je donnais quelques éléments de cette continuité anthropologique qui persiste à éprouver de la différence entre les Femmes et les Hommes jusque dans l’entreprise et comment l’ambition de mixité ne dissipe pas cette polarité des genres - un autre intervenant se trouvait là et partagea avec nous sa propre réflexion sur l’avancée irrésistible du nouvel humain, sous les auspices de la science, de la puissance (militaire, mercatique) et de la technique. Il s'agit de Michel Brack, médecin spécialiste du stress oxydatif des cellules et donc des techniques de rajeunissement qui nous présenta son livre à venir : «Supra-longévité, quand les scientifiques nous promettent l’immortalité….» à paraître chez Frison-Roche. Cette avancée qu'il signale ainsi et dont le rythme est sans précédent repose sur la convergence exponentielle de 4 registres,  formant ce qui s'appelle d'ores et déjà les NBIC.

La convergence NBIC

Les nano-technologies interviennent à l’échelle du 3 ou 4 nano-mètres, infinitésimale dimension lorsqu’on sait qu’un cheveu c’est 400 nano-mètres. Ces nano-technologies réduisent caméras, systèmes de ciblage, robots perceurs ou découpeurs ou porteurs de virus ou médicaments à l’échelle du capillaire.   
Les bio-technologies : manipulation du génome et médecine régénérative (création de muscles, développement de neurones, de cellules cardiaques, osseuses, tendineuses, à partir de cellules-souches, etc…)
Ensuite, le traitement de l’information. La puissance de traitement a permis de rendre massivement accessible les cartes de génomes, les analyses génétiques individuelles.
Et pour finir (!), la connexion cerveau-machine. L’activité du cortex est identifiée, numérisée et rendue transférable à d’autres machines. La mobilisation d’actions mécaniques par la pensée est devenue possible. Le coup d’envoi de la dernière Coupe du monde du Brésil a été donné par un individu à l’aide de son exo-squelette commandé par la pensée.

Toutes ces avancées s’entretiennent mutuellement et permettent de repousser la durée de vie d’organes, de fonctions et à terme d’individus (issus évidemment d’une « classe » supra-économique, pas celle du « vulgum pecus » avec ses 42 ans et plus de cotisations de retraite..).

Vers un nouveau territoire du corps et de l’identité

On sait que l’humain est d’ores et déjà enrichi : exo-squelette des militaires ou des manutentionnaires,

8 septembre 2014

Manager, diriger, c’est d’abord une science humaine

Dans un article récent du Financial Times, Monique Valcour, professeur à l'EDHEC, pointe l’insuffisance des grandes écoles françaises en termes d’attitudes managériales eu égard aux enseignements logico-scientifiques.
Ce n’est pas faux, notamment au moment du processus de sélection  qui met grandement l’accent sur les matières scientifiques, (jusque même, honteusement, en médecine) par exemple, alors qu’une carrière d’ingénieur se distingue de celle d’un technicien en ce qu’il organise, pilote, dessine et fait réaliser. Toute science est d’abord humaine.
Ainsi la dimension communicationnelle, qu’il s’agisse d’arbitrer, de faire débat, de réguler, de persuader, de collaborer, de promouvoir est essentielle. 
D’un autre côté, l’importance prise par les stages rééquilibre cette dimension professionnelle de la communication managériale par rapport à l’expertise même si leur exploitation (inter-échanges, audit des entreprises accueillantes par les stagiaires, valorisation et mise à distance de l’expérience du stage, etc) est la plupart du temps sous-utilisée.

Quand l’élève-ingénieur se presse le citron… il aime ça
A notre expérience, les élèves-ingénieurs (ESTP), les étudiants de masters, sont effectivement a contrario très impliqués dans nos cycles de communication managériale car, souvent pour la première fois de leur formation, ils ont le sentiment de constituer l’objet et le sujet des séances. A partir de leur expérience relationnelle réelle ici et maintenant,  nous élaborons avec eux une théorie qui leur soit personnelle, c’est-à-dire s’appuie sur leurs propres compétences, leurs comportements biographiques et la lucidité quant à leur écosystème relationnel.

 12 équipes présentent leur réalisation et s’évaluent entre elles. Connaissance de soi, méthodologie de projet, débat, argumentation, rhétorique, impact d’équipe, sont le carburant de l’exercice

4 septembre 2014

Valérie est sortie du Loft...

et refuse de signer le certificat de bonnes dispositions.

Toute poubellication ne mérite pas lecture
Donc Valérie est sortie du Loft et pas contente de la production, nous déballe ses états d’âme. Dans une sorte de livre puisqu’il se dit qu’elle "est" journaliste. Ici, nous ne le lirons pas, nous ne l’achèterons pas mais l’actualité de cette publication est instructive.
A titre documentaire, en ethnologue, nous pourrions le lire, bien plus tard, comme nous lirions un journal intime exhumé d’anciens documents familiaux mais nous nous contenterons des extraits et commentaires. De même que le petit ouvrage de circonstance de Marcela Iacub pouvait se lire en 10 minutes debout dans un rayon de librairie, avant d’acheter Saint-Simon ou un recueil de nouvelles d’Alice Munro, ouvrages autrement plus précieux sur la construction d’une vie ou la tension entre vie publique et vie intime.

L’outrage et la faiblesse


Du point de vue des affects, tout est compréhensible et femme outragée (se sentant outragée) a tous les droits (donner des coups de sac, pleurer dans un micro, prononcer des phrases définitives, hors protocole, refuser de répondre à certains sur certains sujets, aller où on ne l’attend pas, etc.) mais ce ressentiment durable, exprimé à froid (un livre ça se décide, ça s’écrit, ça se relit) pendant le temps de la présidence ne la rend pas plus sympathique du tout et sape sciemment ce qui reste du corps symbolique de la représentation nationale. Que son compagnon se soit montré "faible", lui ait manqué d’égards, lui ait menti et soit englouti par sa fonction (sa charge, symbolique et protocolaire) peut être indéniable mais, la pauvre ingénue ne s’en doutait-elle pas ? Elle s’était pourtant elle-même présentée comme mieux préparée que Carla Bruni la chanteuse par son métier de journaliste, plus fringante que Ségolène et durablement verrouillée sur le président normal. Eh bien au final, il restera que Carla a fait l’opération inverse (elle est rentrée dans le Loft et continue à chanter un peu) et Ségolène reste aux manettes de la production centrale iconique.

Être Certifié par ses proches ? (une pensée pour Hegel disant qu’ « il n'y a pas de héros pour son valet de chambre »)

Puisque nous élisons à présent des personnalités et non pas des programmes, je propose que les compagnes, compagnons, référents d’un(e) candidat(e) répondent dorénavant (comme ils le veulent mais nous lirons tout, dénégations, fausses admirations,  innocences touchantes, novlangue des rewriters) à un questionnaire sur les qualités du candidat. 

Je propose de même que tout aspirant coach doive produire pour sa certification un document, non pas de moralité, mais de bonnes dispositions à l’écoute, à la conciliation et au déploiement de talents dans sa vie personnelle. Et peut-être ces certifications-là seraient-elles bien ardues à obtenir... Que ne faudrait-il pas de preuves, d’attentions, de circonvenues pour obtenir le précieux document ?

Dans le même esprit,  je pense que la mince défaite de la candidate Ségolène Royal peut aussi en partie s'expliquer par un simple mot que son (prétendu) compagnon d’alors n’a pas pu prononcer : « Je connais bien cette femme. Votez pour elle ! »