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4 novembre 2023

C'est quoi le marketing, papa Renault Peugeot ?

 

Deux mois d’attente pour la livraison d’une voiture de 50000 euros chez Renault et j’ ai le choix entre seulement six couleurs ? 

Cette poulette échappe-t-elle au marketing ?


Cela me permet de proposer  ici la vision du marketing que j’enseigne à mes étudiants et promeus chez mes clients.


1. Le marketing tient le monde aujourd’hui : dans l’innombrable multitude confuse du monde, le marketing est cette attitude conversationnelle qui anticipe, accueille, manipule et permet l’identification de toute proposition de marque (industrielle, services, entreprise, recrutement, politique, humanitaire, personnalités ,.. )

En temps de paix démocratique bien sûr car la guerre est un tout autre monde.


2. Le marketing forge un concept pertinent puis les ingénieurs ingénient, les codeurs codent, les vendeurs vendent et les usines usinent.

Si tu t’ adresses à quelqu’un, quelque un, irréductiblement singulier et versatile, à moins qu’il ne passe devant ta petite boutique, il relève alors de l’anonyme et le marketing consistera à dessiner pour cet anonyme-là le marché des désirs, des illusions et des nécessités.


3. A part ta grand-mère qui t’offre des œufs issus de son poulailler, par des poules qu’elle a échangé contre des tomates, tout aujourd’hui comporte une part marketing, le politique comme l’humanitaire.

Donc la réalité nécessaire, industriels oublieux, telles que Paul Valery déjà L’énonçait c’est d’aller « chercher dans le cœur lisible du client » par la démesure de tous vos moyens financiers et productifs.

Certes j’attends deux mois en ces âges du zéro stock mais alors nous ne sommes plus aux temps de la Ford T :

  • Vous la voulez comment ? Quelle couleur ? D’accord mais elle sera noire.
    C’est la signature de l’Amérique démocratique, dans toutes les campagnes et villes et films muets. Le prix de son évidence massive c’est sa couleur. Elle est unique : noire.

    Or nous sommes désormais aux temps d’un monde d’archipels , peuplés d’individus rêvant de leur destin unique.


    4. La signification de tout ceci ? Je vous la livre pour pas un rond, comme Vinaver en son temps les identités de l’innommable (dans sa pièce chef d'oeuvre : Par-dessus bord) : les milliards investis dans vos lignes de production, vos brevets, les usines high-tech , les compagnons désespérés d’ennui ou passionnés par le challenge, tout cela sert -devrait servir- à ce que ma voiture soit aussi unique que moi : puisque je dois l’attendre vous devez me la fabriquer : elle me reconnaîtra par ses phares, m’ouvrira ses portes en me saluant d’un "bonjour Philippe" ou "bonjour Julien" selon mon avatar du jour et d'un "bonjour K. ou X." (suivant le romanesque décrypté par l’algorithme) et m’accueillera dans un siège à mes mensurations avec au moins 6 versions de formes).

    5. Et la couleur ? La couleur sera celle de la couleur des yeux de ma Darling ou d’un ciel de Tiepolo. C’est ça le marketing, pas besoin de faire HEC ou l’Insead pour cela. Des milliards pour un seul client. Cela vaut pour tous ce qui se propose anonymement à la vente




2 février 2018

Au moins une entreprise se réjouit de la pluie parisienne

Au  moins une entreprise se réjouit de la pluie parisienne : Vélib' car les intempéries dissuadent ses clients de rouler en vélo. Et s'ils avaient l'idée aventureuse de braver le vent et la pluie, encore faudrait-il qu'ils trouvent un vélo ou qu'ils puissent le déposer.
C'est que le passage d'un opérateur à un autre, en dépit des messages sur site virtuel et des annonces sur stations devient un cas d'école de bascule systémique.
Le système Decaux, en dépit de lourdeurs des engins, d'une faible sensibilité à l'écologie et d'une navigation carte bleue fastidieuse était parvenu à un bon fonctionnement : nombreuses stations, disponibilité des vélos et emplacements, maintenance assez effective.
Les conditions d'attribution du marché avaient été à l'époque assez "sportives", Decaux tenant vitalement au réseau d'affichage, même si sa sensibilité à la mobilité urbaine douce n'était pas une valeur chevillée dans l'ADN du groupe à l'époque.
Dans l'appel d'offre qui a été cette fois remporté par la société montpelliéraine "Smoovengo", l'engagement écologique et la com' sont cette fois

15 décembre 2016

Quand une association renouvelle le management !

Chaque organisation est un « entreprendre » et les associations témoignent souvent de cette dynamique créative.
On entre plutôt en association sur la base d’un projet, d’un engagement que pour devenir manager. Pourtant, au fil de la durée, c’est bien par le management que l’association garantit son déploiement et la pertinence de sa vision.
Bien loin du vieux refrain inquiet : « comment font-ils dans le privé ? Comment faire en entreprise ? », nous amenons nos associations clientes à identifier, à déployer fièrement leur management spécifique et aujourd’hui c’est plutôt le monde « marchand » qui s’inspire des cultures managériales associatives. Comment anticiper, "performer", partager, en se dédiant à une mission, à des destinataires, tout en agrégeant des bénévoles, des salariés, des adhérents, des partenaires, dans une économie de moyens rudimentaire ? Cet enjeu de performance fascine les entreprises.

A ce titre nous sommes fiers et heureux du chemin parcouru par notre client Afile 77, association de l'ESS et partenaire de l'ADIE et de France Active, qui, au fil de nos années d’accompagnement a su bâtir une telle ressource managériale. A chacun de nos « chantiers » avec cette association dédiée à l’initiative économique de porteurs de projet, nous nous demandons ce que cette fois-ci nous allons pouvoir défricher ensemble et chaque fois nous constatons sa formidable capacité d’innovation et de réappropriation de nos suggestions les plus créatives :-).
C’était de l’ordre du sentiment mais depuis novembre 2016 c’est un constat car Afile 77 vient de recevoir le Prix pour l’emploi de qualité, décerné par Le Mouvement associatif, l’UDES et Chorum, acteurs de l'intérêt général.

Prix pour l'emploi de qualité, plus d'infos ICI 

Afile 77, plus d'infos ICI

11 décembre 2015

Volkswagen. Quand l’éthique se noie dans le pot de miel catalytique.

Nous lisons ces jours-ci d’intenses, sobres et « droit dans les yeux » communications de Volkswagen sous forme d’annonce pleine page dans les grands quotidiens. Leurs pitch : une organisation industrielle, de portée transnationale, au chiffre d’affaire se situant entre le PIB de la Belgique et de la Grèce nous y rappelle ses engagements.
Quatre mois après que le scandale de la tricherie soit survenu, sans qu'on ne connaisse encore les sanctions prises et l’historique du système de tromperie découvert, la marque informe qu'elle compte prendre des mesures de compensation  en 2016 et que la sécurité de ses automobiles reste exemplaire. L’ordre d’idée du coût d’un tel achat d’espace pleine page dans un quotidien tels Le Figaro ou Libération se situe environ entre 40 000 à 100 000 euros l’annonce. Je précise cet ordre de grandeur au regard de ce qu'on a exigé et obtenu de gouvernements et d’États c'est-à-dire des.mesures bien plus radicales et rapides (politique de sécurité, transparence des actes et patrimoines des gouvernants, politique économique etc.) que ce rythme de croisière de crise de l’industriel.

Permettons-nous donc d’y ajouter nos propres commentaires et hypothèses (nous n’avons reçu aucune proposition de publicité qui détournerait notre sagacité).

1. Comment élaborer une tricherie ? Le pacte de transgression.
Nous ne sommes pas dans un top-down du commandement : le PDG n’a pas explicitement demandé une telle fraude. On peut imaginer plutôt (en attendant le livre qui nous racontera tout) un scénario créatif dans lequel, de manière informelle, devant la machine à café ou sur un banc d’essai, un ingénieur fait le malin et signale à un collègue qu"il y aurait moyen simple de fausser la mesure. La proposition est développée sur le mode ludique hors circuit de décision jusqu'à ce qu'elle soit soumise à un responsable des essais ou à un responsable

2 décembre 2014

En revenant de la conférence « Management Hommes-Femmes, les moments héroïques »

Chacun d’entre nous, dans la grande sollicitation de l’époque, vit en entreprise des moments d’affirmation. Se pourrait-il que dans ces relations managériales on puisse parfois entendre quelque chose de la différence Hommes/Femmes ?

Ce 18 septembre au soir, il se trouve que j'ai développé cette réflexion en quatre  temps :

  • quelques résultats d'un sondage en ligne, 
  • un exposé sur les hypothèses différenciantes,  
  • puis un atelier d’exploration de ces hypothèses 
  • et enfin un bien sympathique cocktail organisé par nos amies de « ETP au féminin » qui organisait cette rencontre.
C’était la première fois qu’une telle conférence y était assurée par un homme, heureusement je ne l’ai appris qu’en ouverture de soirée.

Un sujet exposé ?

D’abord se souvenir que l’exercice est exposé pour le « conférencier » : à la différence du béton ou des dinosaures, prétendre penser cette différence « hommes-femmes », c’est toujours parler à travers soi et donc faire entendre dans le propos  ce qui prétendrait être objectif mais que la subjectivité du « théoricien » colore. Raison pour laquelle, en intervention (infléchissement de culture managériale), nous préférons souvent  intervenir en duo mixte.
  
Nos hypothèses :
L’anthropologie est attentive à la manière dont une « société » (entendons cette dénomination, au sens des Papous et au sens de Bouygues ou de Vinci) traverse le temps. Toute société pose pour ce faire

17 mars 2014

Libération se libère

Ce week-end, le journal Libération retrouvait son accessibilité historique : un journal ouvert à ses lecteurs, en porosité nourricière. Comme une réminiscence du temps d’avant les sas, les accueils, quand le journal s’inventait chaque jour, dans une nécessité de parole juste et en proximité avec le lecteur. En province, le lecteur hébergeait le journaliste, pas content le lecteur entrait au journal, et velléitaire écrivant il proposait ses articles. Temps épiques maoïstes, bien plus libertaires qu’en Chine réelle. 
Et puis le journal s’est développé, constitué, devenu une entreprise, avec actionnaires, élus, organigramme, disparités salariales jusqu’à ce que écartelé par des tensions grandissantes entre rentabilité, performance, projet éditorial, crise de la presse écrite, il redécouvre l’authenticité de son exigence sur le mode d’un cri de rage, mêlant humilité et orgueil : « nous sommes un journal ». Car c’est bien parce que « ils sont un journal », comme communauté de projet, comme production quotidienne, comme écriture du monde qu’ils apparaissent comme marque et entreprise et non pas le contraire. La marque a une valeur considérable mais tant qu’elle est revivifiée, ensemencée (histoires de désir) par des journalistes et des lecteurs. 

Nous sommes des lecteurs 

Samedi 15 mars 2014 - Libération et la culture, salle du hublot
Donc retour aux fondamentaux : Libération s’ouvrait samedi, « corps et âme », à ses lecteurs : déambulations en grappes familiales, beaucoup de tout-petits, dans la vis du journal, discussions sur la terrasse dont la vue sur Paris faisait ressentir l’émotion Rastignac d'un July certain de sa vision conquérante. Les journalistes (bon, leurs enfants ?) avaient fait des gâteaux au prix libre, chacun se faisait tirer le portrait par l’équipe de photographes, souriants, épuisés, attentifs à approcher la singularité de chaque visiteur. Et puis des tables rondes, avec l’exhortation répétée à ce que les visiteurs donnent leur avis, fassent critique, proposent. Et, un peu partout, faisant visiter, discutant à la volée, échangeant publiquement en table ronde, des journalistes de Libération parlaient, écoutaient leurs visiteurs, réfléchissaient à voix haute. On aurait pu s’attendre à des discours d’autorité : information, point de vue, appels à soutien mais de fait, nous avons participé à une interrogation partagée, avec un véritable plaisir de l’échange. Les journalistes étaient heureux de notre intérêt et de nos points de vue, et nous étions heureux d’être si véritablement considérés. Cette crise finale est l’excellent début de quelque chose. 
Qu’apprenons-nous ? Dans nos enseignements d’anthropologie des groupes contractuels, l’étude de cas d’un journal est

13 novembre 2013

Le management collaboratif pris au mot par l’Artiste

La 55eme Biennale de Venise a récompensé par une Mention Spéciale Abstract speaking‐sharing uncertainty and collective acts, un ensemble d’œuvres de Koki Tanaka qui, en réponse à l’intitulé Il palazzo enciclopedico développe une approche incertaine et précaire de la connaissance reposant sur l’établissement d’une communauté minimale. C’est une métaphore de ce que j’appelle « l’entreprendre » : une communauté de projet qui s’établit ponctuellement (le temps du projet) et humblement (en bricolant avec l’existant humain, pas forcément avec les meilleurs du monde et pas forcément avec tous les moyens).
Koki Tanaka, dans la mémoire de Fukushima, "tsunamée" puis radioactive, doublement submergée par le destin naturel et l’impéritie humaine, propose de ré-établir du commun à partir d’actes élémentaires (notamment son programme Precarious tasks). Ceux-ci sont intimes et partagés, tels un sommeil raconté ouvrant sur des rêves mis en commun, un échange sur les noms de famille qui sont les nôtres tout en dînant de rations de survie pour réfugiés de Fukushima.
Plus managériaux, les réflexions sur le collaboratif inventent des tâches nécessitant concertation : jouer du piano simultanément à 5, mais surtout la performance visant à faire réaliser collectivement une coupe de cheveux sur une personne par 9 coiffeurs.

Koki Tanaka, Hairdressers
Réalisé à San Francisco, avec des coiffeurs professionnels de diverses origines culturelles, l’exercice est un condensé méthodologique de management collaboratif : mise au service du modèle (on débute par un dialogue à propos de ses rêves, de son moment de vie), débat à la table autour des possibilités et propositions, dessin de l’architecture générale, passage à la réalisation avec délégation des interventions, corrections en temps réel, réactions du client, indices du plaisir chez les coiffeurs intervenants, puis célébration de l’aboutissement. Le collaboratif s’y avère à la fois productif, à construire, inédit (non prédictible dans sa forme), au service d’un projet-client, et nécessairement méthodologisé par des temps de médiation. J’ai d’ores et déjà mis au programme de mes formations managériales ce petit bijou de bricolage collaboratif accompli.
Vous pouvez voir/revoir son travail en cliquant ici

2 mai 2013

Trois figures masculines du déni de différence


L’une des difficultés de la dynamique de mixité tient à ce qu’elle n’est pas toujours perçue et parfois même déniée, souvent côté hommes. Aujourd’hui, côté hommes, nous rencontrons souvent trois figures typiques du déni de différence en mixité.
Les voici, issues de nos interventions les plus récentes (avril 2013) :

1. Le jeune moderne : « C’est révolu »
Il est jeune, 20-25-30 ans et pense que oui, « avant », pour sa mère sans doute mais que cela ne concerne plus sa génération. A présent, en camaraderie égalitaire, filles et garçons se côtoient, dans le respect et l’indifférence. Pourtant, qu’on lance un débat sur la sécurité au travail, l’impact de l’humour ou la représentation d’un groupe majoritairement masculin par une fille et l’on constate que de la différence en travail se manifeste.

Exemple de débat récent : un vol avec violence de plusieurs milliers d’euros vient de se produire sur un campus universitaire. Aucune communication n’en a été faite et les étudiants, qui l’ont apprise par la rumeur, s’interrogent sur l’intérêt ou pas d’une communication pertinente. Or plusieurs femmes, dans des interventions différentes, mentionnent dans leur réflexion le thème de la « sécurité ». Avant qu’elles ne terminent leur phrase, elles seront systématiquement interrompues par des garçons, qui signalent avec véhémence qu’ils ne veulent pas de vigiles, ou indiquer leur identité pour entrer, ce qu’aucune n’a demandé. En fait, elles réfléchissent à voix haute à partir d’un inconfort qu’elles ressentent et traduisent par problème "de sécurité" et certains hommes y répondent immédiatement par « on n’a pas peur ».

Dès qu’on creuse, qu’on pose des thématiques particulières, chaque génération est tenue de se coltiner, en des termes qui lui appartiennent, le grand partage.

2. Il a environ 60 ans. « C’est personnellement résolu, faites comme moi »
Il a connu ces problèmes mais c’est le passé ; les revendications féministes, la contraception ont apporté des changements nécessaires et il en a tiré les conclusions, il s’est libéré des stéréotypes, et notamment de celui qui dirait qu’il y a de la différence.

Particularité fréquente : il prend à partie toute femme qui douterait d’elle-même, qui chercherait à faire le point sur ses propres attitudes, en l’invitant à « se défaire » de ces œillères : « avec des réflexions comme cela, vous creusez votre propre tombe ». Phrase prononcée par un manager expérimenté à une femme, plus jeune, se demandant, s’il était judicieux de confier à une nouvelle manager un programme de 30 millions d’euros dans le BTP domaine dont on sait qu’il n’est pas encore pleinement mixte.
L’assurance (en public) de ce manager est péremptoire, sa rhétorique agressivement protectrice. On pourrait dire qu’ « il est très mec », ce qui peut être une qualité mais pas dans ce cas d’interaction mixte sur le thème de la mixité. L’intérêt de sa contestation avec autorité : son expérience et sa réactivité sont telles qu’il livre facilement des exemples de différenciation effective (« c’est vrai que dans le domaine de l’exploration, j’ai remarqué que les équipes mixtes de géologues, étaient plus… »).

3. Il a 30-50 ans. « Il n’y aura plus ni hommes, ni femmes »
C’est un intellectuel, consultant, sociologue, philosophe, DRH dans un débat public. Il a du recul, se connaît et aime problématiser les situations. Pour lui, la différence c’est de l’idéologie, du stéréotype ringard et le management éclairé traitera cela à la fois avec condescendance envers les préjugés et rigueur des procédures et des chartes.
C’est Saint Paul DRH : il n’ y aura plus ni romains, ni barbares, ni juifs, ni païens, ni hommes, ni femmes, mais des salariés identiques en ressources.

Notre point de vue : Prudence envers l’universalisme facile, il masque une difficulté à reconnaître les histoires, les trajectoires et les processualités. La mixité en management n’est pas une objurgation éclairée à bien se comporter, c’est d’abord une prise en compte de tout ce qui alimente une culture de genre dans une organisation déterminée : métiers, biographies, profil entreprise, approche clients, etc.. afin de la réorienter vers ses possibles ambitions.

15 mai 2012

Un Falcon pour London - Pour qui vote la pub ?

Campagne quand tu nous tiens, quand tu nous veux, nous te répondrons, par le vote, par la lecture, l’achat ou le commentaire.

La campagne présidentielle et l’investiture nous disent ce que veut et ce qu’est la France de 2012. Tellement commenté que nous n’y reviendrons pas ici, pas tout de suite. En revanche, dans une même concomitance d’alternance surgissent et se poursuivent des campagnes publicitaires.
Certaines, astucieusement, rappellent au vainqueur le champagne et aux autres le vin de garde mais deux particulières expriment d'autres désarrois : Dior et Chanel.
La pleine page de Dior, c’est la fuite à Varennes. La fête est finie, tout le monde est parti en oubliant la jeune comtesse. Pas un regard pour le photographe, elle fuit vers l’arrière du lecteur, vers le passé, et c’est en courant car il n’y a plus qu’elle dans la grande galerie où paradait la beauté. Une rumeur lointaine s’annonce : quelques Mélenchonistes ? Une troupe de Galliano incontrôlables ? Oh… que cette robe est mal-commode pour courir.

Quant à la petite Chanel, elle attend sans être sûre qu’il y ait bien place pour elle dans le dernier Falcon pour London. On a mangé, bu et dansé toute la nuit, on leur laissera pas une goutte de champagne et on a cassé les miroirs. Ils feront la vaisselle ou peut-être en partant on mettra le feu aux rideaux.. Mes bas sont filés, dans la nuit j’ai culbuté un rustre un peu costaud, mais mon petit sac mignon, ils l’auront pas.

On aurait pu imaginer une dernière fête, un départ majestueux vers le vaste monde, une grandeur viscontienne. Mais ces pauvres filles oubliées qui quittent le navire en emmenant juste leurs petits effets pas bien adaptés à la cohue d’exode, ça dissuade un peu du faux chic…

Quel Karl nous proposera plus élégamment une belle Liberté guidant le peuple, poitrine fière, couleurs françaises, chic bohème, avec une touche de glam-fraternité ?